comme une étoile de bois
roulée sur les galets
je ne brille qu'au feu de Saint-Jean
dans les sarments du loup
à la marque oblongue
que laisse la hargne sur l'histoire
je pressens leurs corps
résistant en mâts sombres
au chaos de l'éternité
le foin n'est que verre
à l'eau de sable
et les frères ennemis se mordent
pour la fleur qui fane
quel parfum d'eux reste
alors qu'ils s'éloignent pour mourir
caché sous le tombeau des arbres
je tombe
d'un ciel d'orage...
on pleurera le sacrilège
sur les grèves désertes
où d'autres étoiles échouent
pour s'éteindre
dans le lit des immortels
(illustration : NewCullQueen)

